The Soft Machine, structure/outil indépendant•e, se propose d’organiser ou de participer à des ateliers/workshops afin de s’augmenter, de s’améliorer, et/ou de s’adapter à des usages non encore identifiés. Association à but non lucratif, aujourd’hui composée de Bernard Baissait, Nathalie Bazoche, Victoire Dubruel, Tom Bücher, Christophe Salaün, elle a pour objet la création et la diffusion d’outils numériques dédiés à l’édition.
Chaque jour, nous générons 2,5 trillions d’octets de données. 90% des données stockées à l’échelle mondiale ont moins de deux ans.

Celles-ci proviennent d’input variés: capteurs climatiques, messages, images et vidéos publiées en ligne, géolocalisations, etc. Ces ensembles de données sont désignés sous le nom de Big Data, ensembles tellement grands qu’ils nécessitent de nouveaux outils pour les comprendre et en tirer du sens.

En 1997, Doug Laney décrivait les Big Data d’après le principe des « trois V » :
volume de données de plus en massif ;
variété de ces données qui peuvent être brutes, non structurées ou semi-structurées ;
vélocité qui désigne le fait que ces données sont produites, récoltées et analysées en temps réel.

Face à ce phénomène, le graphisme passe souvent au second plan. Les contenus sont soit disponibles sous forme brute, soit mis en page selon des impératifs techniques et suivant une vision du graphisme basée sur le fonctionnalisme de l’user experience.

Ces nouvelles problématiques et ces nouveaux enjeux impliquent de nouvelles méthodologies et de nouvelles collaborations. Que serait une mise en page conçue pour des contenus non encore connus et en perpétuelle évolution ? Comment hiérarchiser un contenu inconnu? Dans ces conditions quels critères de mise en page retenir ?

Nouveaux usages, nouveaux outils

The Soft Machine se propose de questionner les problématiques nouvelles engendrées par le Big Data en expérimentant, à partir d’un outil open source, des mises en page en temps réel d’une masse de données, quelles qu’elles soient.

À travers un processus de mise en page pré-établi (formats, marges, colonnes, gouttières, relations textes images, traitements des textes, traitements des images, typographies, paginations, etc.), il est possible d’automatiser les tâches répétitives de maquette, tout en expérimentant ses contraintes.

The Soft Machine propose d’associer graphistes et développeurs afin de confronter les possibles et de mettre en commun les savoir-faire de chacun tout en respectant le protocole suivant :

Analyser. Dans un premier temps, il est nécessaire d’analyser et de questionner l’existant afin de délimiter les paramètres essentiels à toute mise en page. Le phénomène n’est pas nouveau : à l’ère analogique, de nombreux contenus massifs ou fluctuants ont pu nécessiter, en leur temps, la mise au point de processus sur mesure pour être mis en page (dictionnaires, annuaires, documents administratifs, etc.).

Choisir. The Soft Machine propose une mise au travail collective afin de définir des variables, des critères, des seuils de lisibilité, des possibilités programmatiques.

Expérimenter/Créer. À partir d’un outil open source mis à disposition il s’agira de développer un processus de graphisme fonctionnel pour rendre compréhensible le Big Data et l’archiver.